Visite guidée par Mireille Borras

 

Dans la pensée de Marie-Hélène, devant ses yeux, les images récentes du tsunami en Asie sont là, si présentes, si fortes, que c'est au fond de cet océan tout puissant qu'elle va puiser la matière de sa création : les violets des profondeurs, les bleus marins, les blancs d'écume bouillonnante vont s'entrecroiser, tourbillonner, et c'est une mer déchaînée qui déferle chez Bernard.

Chez Bernard, s'il y a tempête, c'est sous un crâne ; c'est la houle des questionnements sur la société, c'est l'homme confronté à un avenir dont il ne veut pas voir l'échec annoncé ; sur un visage modelé, il dépose un linge domestique qui témoigne d'un usage familial, ancestral ; un bandeau ferme son regard.

Le visage ainsi masqué se présente à Chantal : "visage", "bandeau", tout fait écho à son origine corse ; pour elle, la solitude de ce masque appelle un présence : celle d'un enfant. Et voici la naissance d'une petite silhouette pâle dont seuls les petits souliers sont noirs.

Ils cheminent jusque chez Jocelyne : la pâleur, le visage sans regard de ce petit corps inerte touchent son coeur de mère : vite, urgence : lui rendre des couleurs, lui donner des bras pour qu'il puisse tout faire, des bras multiples, colorés, masculins ou féminins, et des bisous, des bisous partout partout, des bouches-baisers mon bébé : c'est une boule d'amour qui roule chez Pascale.

Tiens ! des bouches ? des bouches ! qui parlent, qui papotent, c'est plein de copines qui causent ! qui causent de quoi ? de ce dont on cause entre copines : fringues, dentelles, etc... Pascale n'en retient qu'une : La bouche, celle qui va les représenter toutes, lèvres gonflées, pleines, rouges, dans un écrin de dentelles, sous une pluie de cheveux rouges.

C'est un cadeau chaud, brûlant de sensualité pour Catherine qui y voit féminité, sensualité ; cette sensualité, elle vient de l'expérimenter au cours de massages ; de LA bouche, les sensations glissent vers les mains, chaudes, bienfaisantes, diffusant le soulagement, imposant la guérison.

Mains tendues vers Marcelle. Les mains de Marcelle, c'est le creuset d'où s'élancent fils, étoffes, images travaillées à l'infini, chef d'oeuvre de finesse ; mais c'est aussi parfois la douleur glacée qui les étreint si fort qu'il leur faut la chaleur pour les apaiser ; sur l'étoffe, noire comme un âtre profond, elle allume un feu qui danse derrière un voile fumé.

Cela s'intitule : "J'ai froid".

C'est un message fort pour Mireille, qui veut faire grandir la flamme, la multiplier ; aussitôt elle allume tous les cierges de la fête des lumières qui va embraser et illuminer la nuit de Lyon, sous le regard d'une muse de pierre : c'est "la cité ardente".

Les lumières traversent le ciel jusqu'à chez Inger.

Son regard se plonge dans les plis de la robe de la statue, s'y love, s'y enroule, c'est la spirale d'un coquillage, roulé par les vagues, par La vague, la monstrueuse, si présente encore dans tous les esprits. Inger enroule et déroule, plisse le tissu, ses doigts cherchent la forme, elle apparaît, repart, revient ; l'écume dépose enfin sur la plage une immense robe-coquillage qui va tourner doucement suspendue dans l'air.

L'air, la mer, mais aussi le feu, qu'Inger entretient en rassemblant sur un plateau d'argent des petites flammes, lumières des âmes qui sont parties dans l'océan profond.

 

 

L'oeuvre initiale de Marie Hélène est arrivée aussi chez Dominique.

Pour Dominique, cette vague puissante bouillonne de vie ; et c'est le printemps ! Plutôt que des couleurs maritimes, elle a envie de verdures tendres, de plantes, voici des teintes herbeuses et fleuries, éclatantes de fraîcheur ; elle y ajoute, en suspens, des couleurs plus soutenues, promesses de l'été à venir.

Entre les volets de Dominique, Gabrielle reconnaît le printemps en gestation. Elle apporte une touche estivale avec des coloris plus vifs et dépose un petit carnet de photos sur le rebord de sa fenêtre, pour rêver de voyages devant la nature sereine.

Explosion ! Eruption même ! Eruption d'un volcan de mille couleurs érigé par Catherine, forces telluriques qui modèlent la surface de la terre. Tissus chamarrés, impressions multiples superposées, verticale, colonne d'où s'échappe une multitude bariolée.

Toutes ces couleurs chez Christine ! elles tombent mal ; entre elle et les couleurs, c'est pas gagné. Pourtant cet univers bariolé lui rappelle une image vue récemment...où donc ?... ah ! oui ! à Venise ! une devanture remplie de cravates...et la voilà partie à broder la forme caractéristique des cravates ; elle y insère aussi quelques passages noirs, mystérieux comme de sombres ruelles...

Des mystères vénitiens, le tableau voyage et arrive chez Patricia : elle y voit des loups de carnaval, des corsets, des dessous féminins, du noir sexy. Elle met en scène elle aussi une devanture, mais de l'emblème de l'homme, elle passe à celui de la femme et imprime pour sa petite boutique des sous-vêtements suggestifs, libertins.

etape 7bis

Pour Colette, la petite boutique s'appelle " les dessous chics", ceux chantés par Gainsboug, incontournable ; le texte est si évocateur, si précis ! elle brode les dernières strophes en guirlande autour d'un coeur de velours rouge transpercé par un talon aiguille ( un vrai !)

etape 8bis

C'est ce présent que reçoit Francine. Sous ses yeux, c'est le monde interlope, canaille, de Toulouse-Lautrec qui s'étale sans pudeur. Que faire ?...aller plus loin serait osé, vraiment !...Calmer le jeu ! voilà !...apaiser les passions, retrouver la sérénité, la pureté du coeur et de l'âme.

On voit alors, sortant d'un habit monacal, deux mains jointes qui semblent prier pour la rédemption des pécheurs.

 

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